Archive pour février 2013

Fenêtriers Veka : le souci de la propreté

Ce matin, je suis interpelé par un publicité télé pour les Fenêtriers Veka. On y voit « l’académie » Veka lieu d’entrainement (fictif) de leurs techniciens de pose et une formation qui met l’accent sur le mètre, la visseuse et l’aspirateur. Je suis stupéfait, il est rare que le sujet de la propreté des travaux apparaissent comme argument de différenciation.

Il est vrai que dans le domaine de la fenêtre, il n’est pas dur de se distinguer sur ce plan. Un ami, agent en Ile -de-France d’un fabricant de fenêtres Alu et PVC du sud-ouest me racontait les péripéties et mésaventures rencontrés avec ses poseurs, la plupart auto-entrepreneurs en sous-traitance, n’ayant jamais entendu parlé de garantie décennale et travaillant comme des sagouins (ou des sagoinski, sagoinvitch, sagointof, sagoinescu selon le pays d’origine). Les témoignages de mauvaises poses sont légions. Et l’attention portée à la poussière, aux protections est manifestement en général inexistante.

Veka APM Pamiers

Atelier Veka Fenêtrier – Entreprise APM Menuiserie à Pamiers

Un petit tour sur le site Veka nous en apprend un peu plus leur activité : Veka est constructeur de fenêtres mais a surtout développé un réseau de poseurs certifiés, les fenêtriers Veka portant haut l’image de qualité que la marque a pour ses produits. Une démarche logique quand on voit combien la plus belle des fenêtres, si elle est mal posée ou dans des conditions dantesques, fera une très mauvaise publicité à la marque.

Une démarche digne d’être applaudie. Bravo Veka !

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Protection Individuelle : ouate de cellulose

On l’a évoqué dans un post courant janvier (voir ici : une mauvaise expérience), le travail dans des combles peut vite tourner au cauchemar. Lieu par essence qui accumule les poussières de toutes origines, y travailler durablement sans équipement adapté peut vite en révéler les désagréments. Si en plus, vous y manipuler des produits isolants, on peut parler de danger pour la santé, que ce soit par contact ou inhalation.

La photo ci-après peut sembler excessive : combinaison étanche, masque quasi intégral et appareil respiratoire filtrant avec circuit de recyclage. Mais quand on sait qu’il s’agit d’un ouvrier spécialisé projetant de la ouate de cellulose pour assurer l’isolation thermique et acoustique des combles, on comprend mieux ces précautions.

En effet, cet excellent isolant est également retardateur d’incendie et résistant aux rongeurs, champignons et autres insectes xylophages. Mais pendant les manipulations, elle libère des poussières extrêmement irritantes notamment pour les bronches, cause d’inflammations et d’affections respirations si répétées. Pas de psychoses néanmoins, mais pensez tout de même au masque lors de la pose que ce soit en plaque ou a fortiori en projection

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Poussière et pénibilité du travail

La réforme des retraites de 2010 intègre la pénibilité du travail dans les calculs de droits. La pénibilité y est définie comme une exposition à des risques professionnels susceptibles d’altérer la santé des travailleurs. Initialement définies pour les entreprises de plus de 50 salariés, certaines mesures ont été étendues depuis février 2012 à toutes les entreprises pouvant exposer leurs salariés à certains facteurs de risques. L’idée est de rendre individuelle par des fiches d’exposition nominative ce qui était il y a peu encore un dossier collectif (Document Unique). Il incombe au chef d’entreprise de tenir à jour un document qui récapitule, par nature de risques, les durée.

Les risques répertoriés sont de 10 natures :

  • Les manutentions manuelles de charges
  • Les postures pénibles
  • Les vibrations mécaniques
  • Les agents chimiques dangereux y compris les poussières et les fumées
  • Les températures extrêmes
  • Le bruit
  • Le travail de nuit*
  • Le travail en équipes successives alternantes*
  • Le travail répétitif à cadence contrainte*
  • Le travail en milieu hyperbare*

(*) les 4 derniers risques ne concernent pas les entreprises artisanales du BTP, sauf cas très particulier.

Le site IRIS-ST (www.iris-st.org/) affilié à la CAPEB propose différents canevas pour l’évaluation des risques ainsi que des exemples de fiche individuelle de suivi des expositions

Fiche exposition risques santé travail

Un exemple de fiche de suivi individuel des risques

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Des poussières explosives

Un aspect méconnu des méfaits de la poussière est sa capacité à produire des mécanismes explosifs. Alors, évidemment, cela ne prend pas toujours les proportions catastrophiques illustré par ce cliché : la destruction d’un silo à grain à Blaye, près de Bordeaux est un phénomène rare mais impressionnant.

Rare ? Oui. En France, 190 cas avérés ont été répertoriés entre 1903 (!) et janvier 2010. Pour que des conditions explosives s’installent, il faut la conjonction de 4 éléments :

  • le combustible : en l’occurence la poussière. Sont particulièrement sensibles,  les poussières de charbon, de bois ou d’amidon, voire des poussières métalliques qui en s’oxydant deviennent réactives ;
  • une concentration minimum de poussières en suspension : un tas inerte au sol ne réagira pas alors qu’un nuage pourra s’embraser en un éclair, provoquant l’explosion ;
  • un comburant consistant en général en l’oxygène de l’air ambiant ;
  • et pour finir, une source d’ignition. Cette source peut être de diverses origines : étincelle, point chaud, flamme nue, échauffement …

Mais ne pensez pas que cela ne se produit que chez les autres et à des échelles telles que la photo ci-dessus : les explosions peuvent se produire dans les zones de forte concentration de poussière : dépoussiéreurs, silos, stockage, installations de transport. Et, des phénomènes d’auto-inflammation peuvent se produire simplement en cas de dépôt de poussières dans un appareil électrique ou sur un équipement créant une zone chaude (appareil de chauffage, machines…) mais aussi en cas de fermentation des déchets du bois (poussières, copeaux).

Pour aller plus loin : vous pouvez consulter la très complète brochure de synthèse de l’INRS détaillant les cas de risques recensés en cliquant ici.

 

Un commentaire

Un petit sondage

Chers lecteurs,
Cela fait quelques moi que ce blog existe, les nombreuses visites et les commentaires laissés nous incitent à continuer nos publications.
Histoire de recueillir vos avis et opinions sur la problématique de la poussière et des travaux, nous avons concocté un petit sondage. Ça n’est pas long : seulement 8 questions. Nous vous remercions déjà par avance de votre participation.

Cliquez ici pour répondre au sondage

Le fait que vous accédiez au sondage par ce blog témoigne de votre intérêt pour le sujet et biaise un peu les réponses, mais nous l’avons aussi soumis sur nos pages Facebook et aux contacts de nos carnets d’adresses. Ce qui devrait lisser un peu.

Nous publierons les résultats d’ici quelques semaines.

 

 

 

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La poussière selon la réglementation française

Le code du travail s’intéresse à la poussière dans les articles R4222-1 et suivants. Notamment, l’article R4422-3 précise les définitions des poussières totales et alvéolaires (voir plus loin).
Le législateur distingue également deux types de sources de pollution aérienne : non spécifique et spécifique :

  • Locaux à pollution non spécifique, les locaux da ns lesquels la pollution est liée à la seule présence humaine, à l’exception des locaux sanitaires ;
  • Locaux à pollution spécifique, les locaux dans l esquels des substances dangereuses ou gênantes sont émises sous forme de gaz, vapeurs, aérosols solides ou liquides autres que celles qui sont liées à la seule présence humaine ainsi que locaux pouvant contenir des sources de micro-organismes potentiellement pathogènes et locaux sanitaires ;

Données générales

Les poussières sont de très fines particules solides qui restent en suspension dans l’air et dont le niveau de pénétration dans l’organisme, par voie pulmonaire, dépend de leur taille.

PENETRATION DES POUSSIERES
TAILLE DES POUSSIERES EFFETS
De 10 à 100 microns Aussi appelées « poussières totales », ces poussières sont retenues au niveau des fosses nasales.
De 5 à 10 microns Poussières qui pénètrent dans la trachée, les bronches puis les bronchioles. Elles peuvent être crachées ou avalées dans l’œsophage ; mais si l’empoussiérage est trop élevé, elles iront jusqu’aux alvéoles.
0.5 micron Poussières très fines qui se déposent sur les alvéoles pulmonaires. En dessous de 0,5 micron les poussières se comportent comme un gaz dans l’organisme et suivent donc la ventilation pulmonaire.

Les poussières d’origine minérale (silice, amiante, fer, zinc, cobalt, étain…), végétale (bagasse, coton, céréales, farine…) ou même animale (déjections des poules, pigeons, perruches…) :

  •  Sont sources d’expositions très nombreuses et variées en milieu professionnel.
  •  Peuvent provenir directement des matières premières utilisées (sous forme de poudres notamment) et sont alors libérées lors de leur production, leur transport, leur stockage ou leur mise en œuvre (extraction, concassage de minerais, fabrication de farine, fabrication et utilisation de matières plastiques…).
  •  Sont aussi produites lors de la transformation de produits manufacturés finis ou semi-finis (usinage de métaux, sciage, ponçage, meulage de bois ou matériaux synthétiques, broyage de déchets…) ou lors d’opération de démolition ou de nettoyage.

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Barrière anti-poussière par dépression

Samedi dernier, j’ai publié (voir ici http://www.poussiereinfo.fr/peinture-pl…riere-physique/) la traduction d’une page de l’US Environnement Protection Agency concernant la mise en place de barrières physiques anti-poussière. Voici la suite concernant l’aération des pièces en travaux.

« La ventilation intervient de façon importante pour la qualité de l’air intérieur pendant un projet de rénovation, et notamment en évitant la diffusion de la poussière et autres polluants à l’ensemble de la maison. Une stratégie efficace est d’utiliser une extraction d’air – aussi simple qu’un ventilateur caréné soufflant depuis la pièce en chantier directement vers l’extérieur de la maison [j’ai trouvé une photo pour illustrer ce dispositif].
Cette solution fait deux choses. D’abord, cela extrait rapidement la plus grosse partie des polluants en suspension de la pièce. Ensuite, cela met la pièce en dépression ce qui crée une « barrière » qui empêche l’air – et donc les polluants qu’il contient – de se déplacer de la zone de chantier vers le reste de la maison.
Si vous utilisez un ventilateur à la fenêtre, fixez le à l’intérieur du cadre de la fenêtre afin qu’il ne puisse pas  tomber à l’extérieur. Si il pleut ou neige, il faudra le couper et l’enlever de la fenêtre pour éviter un court-circuit électrique avec l’humidité.
L’efficacité d’une barrière de pression sera accru par la mise en place sur les huisseries de barrières anti-poussière physiques étanches.
Le schéma suivant illustre le principe de base de la barrière de pression : »

pressure barrier for a cleanjob

Pressure barrier for a cleanjob

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Tempête de poussière sur Phoenix : quelles conséquences ?

Nous avons publié il y a quelques temps (voir ici) une photo impressionnante de Phoenix, Arizona touché par un nuage de poussière en juillet 2011. L’évènement s’est reproduit en juillet et septembre 2012, parfois accompagné de pluies diluviennes. Les américains qui décidément aiment bien inventer des noms pour les phénomènes météo (on se souvient de Frankenstorm en octobre dernier) ont appelé cela Haboob (provenant de l’arabe du désert qui désigne un vent de sable).
nuage poussière barrière protectionUn lecteur nous demandait récemment quels étaient les dégâts : difficile de savoir sans être sur place. Néanmoins, les journaux américains font état à chaque fois de coupures d’électricité localisé (mais pouvant toucher de 5000 à 10000 personnes selon les épisodes) ainsi que de nombreux accidents de voiture. L’activité économique est fortement ralentié pour plusieurs jours (circulation déconseillée voire interdite, fortes perturbations du trafic aérien). Avec des rafales de vents à plus de 90 km/h, le « Haboob » est extrêmement destructeur car les fines particules de poussière qu’il transporte s’insinue massivement. Selon le météorologue Fred Gabomski de l’Université d’Etat Penn : « La poussière va partout… Elle va dans tous les engins électroniques, elle va dans tous les coins et recoins ». William Sprigg, chercheur à l’Institut de Physique Atmosphérique de l’Université d’Arizona, va plus loin. Il étudie les haboobs depuis des années et prétend que la poussière a des impacts méconnus sur la santé des millions de personnes qui vivent dans la zone concernée. En effet, ces nuages de poussière transporte un mélange nocif de champignons, de métaux lourds issus de divers polluants, des produits chimiques et des bactéries qui peuvent provoquer des maladies cardiovasculaires et oculaires, ainsi que d’autres pathologies.
Selon lui, « on connait assez bien le coût direct des ces tempêtes mais il me semble urgent de faire un examen complet des effets de la poussière sur la région ».

 

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Peinture au plomb : suite (et toujours pas fin…)

Je vous livre ici la traduction (maison…) d’un article publié sur la très sérieuse EPA – Environnement Protection Agency des Etats-Unis concernant les précautions en matière de barrière anti-poussière à prendre concernant la rénovation en général, mais a fortiori en cas de peinture au plomb.

« Des barrières devraient être utilisé pour limiter la diffusion de poussière et d’autres polluants du chantuer vers les autres pièces de la maison. Une barrière simple consiste d’un film polyéthylène de 6/10mm scotché sur les portes et autres ouvertures de la pièce. Du film poly devrait aussi être scotché sur les bouches d’aération ou de chauffage de la pièce pour éviter la diffusion des polluants et la contamination des conduits. Mais ayant obturer les conduits, vous devrez vous assurer d’une ventilation pour la zone. Un ventilateur d’extraction, et une arrivée d’air d’appoint complètera le dispositif. Pour plus d’information, se référer à la section sur le confinement aérien qui permet la création d’une barrière de pression pour éviter la dispersion des polluants [je publierai prochainement cette section].
L’illustration suivante (tirée de « Sécurité Peinture au Plomb : un guide pratique pour la peinture, l’entretien et la rénovation à domicile » édité par le « US Department for House Urban Development ») illustre comment créer une barrière tout en maintenant un accès à la pièce. On notera que pour des travaux avec beaucoup de poussière ou générant des polluants variés tels que des fumées de peinture, vous aurez besoin d’isoler la pièce de façon parfaitement étanche. »

anti dust barrier strategy for a cleanjob

Anti dust barrier strategy for a cleanjob

On rappellera qu’aux Etats-Unis, la peinture au plomb est la première cause d’empoisonnement chez les enfants et que ce sujet a été placé dans les top priorités des organisations gouvernementales de la santé et de l’environnement. Un engagement encore renforcé depuis 2011 et qui donne lieu à de nombreuses publications sur les sites fédéraux dédiés à la prévention. Par exemple :

Au coeur des dispositifs de protection, on retrouve des EPI, équipements de protection individuelle pour les ouvriers (masque, gants…) et des EPC, équipements de protection collective pour les occupants (barrière anti-poussière, obturants, ventilateurs…)

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Locations, copropriétés : les désagrèments de la rénovation

Que vous soyez locataires ou copropriétaires, certains travaux engagés par des tiers peuvent engendrer des nuisances sans que vous ne puissiez vous y soustraire :

  • si vous êtes locataires, un propriétaire peut réaliser d’office différents travaux (cf Article 7 de la loi n°89-462 du 6 juillet 1989 – texte consultable sur Legifrance ici )
  • si vous êtes en copropriété (typiquement dans un immeuble), les autres propriétaires et/ou leurs locataires peuvent effectuer différents travaux d’ordre privatifs,
  • enfin, la copropriété (en direct si association syndicale ou via son syndic) peut décider de travaux affectant les parties communes (cf notre article Un témoignage)

Dans ces différents cas, vous ne pourrez vous opposer à l’exécution de ces travaux. Toutefois, il convient d’être vigilant. En effet, la législation est assez vague quant à la quantification des nuisances (et on comprend aisément la difficulté de ce point). Il est question de « jouissance paisible » ou « en bon père de famille ». Mais il est des cas de figure où la situation semble sortir de ce cadre :

  • dépots de gravats empêchant le libre passage,
  • conditions de chantier mettant en danger les tiers
  • poussière importante sans protection efficace ou autres dégradations évitables
  • bruit à des horaires inadaptés

Dans tous les cas, privilégiez un règlement à l’amiable du problème en adressant un coup de téléphone à la partie fautive puis, à défaut de résolution immédiate, un courrier en recommandé. Si la gène est collective, il est préférable qu’il soit signé par les différents « incommodés » : par exemple l’ensemble (ou un grand nombre) des occupants d’un immeuble pour des travaux engagés par le syndic. Ce courrier a notamment pour objet de chiffrer les préjudices lorsqu’il sont chiffrables (ex : cout de nettoyage de moquettes et tapis, peinture d’huisseries abimées, …).

A défaut de retour et/ou d’actions satisfaisantes, de bonne foi, il faudra donner un tour plus procédural au dossier en :

  1. faisant constater par huissier la réalité du problème, ces conséquences et la nature des manquements à l’origine.
  2. portant le dossier devant une instance officielle telle que la commission de conciliation des rapports locatifs (voir le site de l’Anil http://www.anil.org et des Adil départementales) ou via un dépôt de plainte.
    Si le problème survient avec un locataire une copropriété, c’est au syndic de prendre en charge ces actions.

Bon courage, et en toutes circonstances, gardez votre calme.

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