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Poussière volcanique : quel danger pour l’aviation ?

Lors de l’éruption du volcan Eyjafjöll en Islande en 2010, la décision des autorités d’annuler purement et simplement les vols dans une grande partie de l’espace aérien européen avaient été plus ou moins bien accueillie. Pourtant, elle se fonde sur une réelle dangerosité des poussières rejetées massivement dans l’atmosphère par le volcan.
volcans islandaisEn effet, cette poussière est majoritairement (58% environ) composée de silice (SiO2) ou quartz, un minéral très dur, capable de rayer une vitre. De taille pouvant atteindre deux milimètres, dotées d’arêtes tranchantes, ces particules s’élèvent très haut dans la troposphère, même jusqu’à la stratosphère, au-delà de 12 km d’altitude. On les trouve donc de façon importante dans les couloirs aériens d’altitude. Or, le radar météorologique d’un avion n’est pas capable de repérer ces dangereuses cendres volcaniques. Sur un avion volant à plus de 900 km/h, ces poussières ont un effet abrasif, comme du sable, ce qui érode le fuselage et les ailes et rend le pare-brise opaque. Elles peuvent également provoquer un arrêt des réacteurs. En effet, lorsque le mélange de cendres, de particules basaltiques et de vapeur d’eau est aspiré par la soufflante du réacteur, il se retrouve dans le compresseur puis dans la chambre de combustion ou il est chauffé à environ 900°C. Il peut se produire un phénomène de fonte des particules suivi d’un refroidissement au contact de la turbine. Sur les ailettes de la turbine, se forme une pâte vitrifiée de quelques millimètres qui bouchent la sortie de l’air. Un système de sécurité, destiné à éviter une trop forte pression dans le compresseur, fait caler le moteur. L’avion n’a alors plus de réacteurs.

Ce cas de figure a été consigné à plusieurs reprises dans les tablettes des experts de l’aviation : en 1982, un Boeing 747 de la British Airways volait au-dessus de l’Indonésie pendant l’éruption du Galungung, à plus de 12 km d’altitude quand il a chuté et n’a pu faire repartir ses réacteurs qu’au bout de 13 minutes, une fois que les palettes ont pu se débarrasser du dépôt vitrifié. En 1989, un autre Boeing 747, de la compagnie KLM, a connu une mésaventure identique à cause d’un nuage craché par le Mont Redoubt en Alaska.

Compte-tenu des vents nord-européens, la dispersion de cendres et de poussières du volcan Eyjafjöll a été vaste et rapide comme en témoigne la carte ci-après.

nuage_Europe_EyjafjollLa suspension des vols a sans aucun doute été une sage décision pour éviter une catastrophe ou du mois, une énorme frayeur.

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11 septembre : après l’attentat, une poussière toxique

WTC attentat 11 septembreLe siècle à peine commencé a été marqué par les attentats du 11 septembre et les 2973 victimes piégées par les avions utilisés, ou l’effondrement des tours du World Trade Center. Mais près de 12 ans après, la tragédie mine encore la santé de très nombreuses personnes présentes sur les lieux.
Selon les experts américains en pollution aérienne, la poussière provenant de l’effondrement des tours était « sauvagement toxique ». Les milliers de tonnes de débris étaient constitués de plus 2500 matériaux contaminant différents : 50% non fibreux issus de la construction (béton notamment), 40% de verre et autres fibres, 9,2% de cellulose et 0,8% d’amiante hautement cancérigène ainsi que des traces significatifs de plomb et de mercure.
Les incendies qui ont brûlé pendant 3 mois suite aux attentats ont générés des niveaux record de dioxines ou autres polluant benzéniques (pyrène, naphtalène…).
Nombre des composés libérés dans l’air (tels que l’amiante,  les silicates, le plomb, le cadmium, les benzéniques) sont fortement cancérigènes. D’autres substances peuvent déclenchés des problèmes rénaux, cardiaques, hépatiques voire des troubles du système nerveux
Ces problèmes ont été connus des autorités sanitaires très tôt après les attentats. Un rapport de l’hopital Mont Sinai signale des obesrvations de nanotubes de carbones dans des échantilons de poussières et dans les poumons de plusieurs membres des équpes de secours et ce quelques semaines seulement après la catastrophe.
410179_03_nycattackPar la suite, les études ont été permanentes. En Avril 2010, le Bureau des Affaires Médicales de la Ville de New-York a publié une étude portant sur 5000 secouristes, pompiers, policiers, ouvriers. Il y est fait état que tous sont atteints de problèmes pulmonaires à des stades divers mais avec une moyenne d’incapacité de 10%.
Ces insuffisances sont apparues dans l’année suivant l’exposition et n’ont pas réellement évolué par la suite en huit ans. 40% des ouvriers ont des symptomes externes permanents et 1000 ouvriers (soit 20%) du groupe étudié sont considérés en déficience respiratoire chronique. Les traitements appliqués ont permis de soulager les troubles mais aucun n’est en capacité de les guérir.
D’autres études sont moins catégoriques en ce qui concernent les cancers dont la survenance semble liée davantage à des expositions répétées. Mais les problèmes respiratoires peuvent clairement être liés à une exposition ponctuelle.

wtc dustLa catastrophe du 11 septembre est bien évidemment sans commune mesure par son ampleur avec les nuisances occasionnées par des travaux mais des ouvriers du bâtiment régulièrement exposés dans la durée d’une vie professionnelle à des poussières similaires seront en danger de la même façon. La situation est pire pour de très jeunes enfants, des personnes âgées ou des personnes présentant des troubles respiratoires peuvent être durement touché par des travaux occasionnels du fait de leur capacité respiratoire réduite.La question de la protection des personnes lors d’activités génératrices de poussière est donc à prendre très au sérieux pour les ouvriers comme pour les tiers exposés à des travaux notamment. L’intérêt des protections collectives est donc crucial, ce que le législateur français a parfaitement intégré puisqu’il considère qu’elles priment sur les protections individuelles (masques, combinaisons…).

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Peintres : quelles précautions sur un chantier « peinture au plomb » ?

Le risque de saturnisme par ingestion de plomb est surement un des plus connus dans les logements anciens (voir nos autres posts sur ce sujet). L’action du plomb est variée : par inhalation, par ingestion, par contact. La dispersion de poussière, de vapeur ou de fumée est le vecteur principal du danger. Aussi un chantier de traitement de peinture au plomb doit-il être traité avec la plus grande vigilance.

Voici les grandes lignes des précautions indispensables :

  • Confinement des zones de travail, mise en place d’un sas pour l’accès aux zones risquées.
  • Mise à disposition d’un double vestiaire pour séparer les vêtements de ville des vêtements de travail.
  • Mise à disposition d’une douche.
  • Port des Equipements de Protections Individuelles :
– combinaison (jetable de préférence) recouvrant tout le corps ;
– protection respiratoire : masque filtrant ffp3 minimum. En fonction de
l’empoussièrement, des techniques employées et de la durée du chantier, la protection respiratoire devra être adaptée (masque à ventilation assistée, à adduction d’air…) ;
– protection des yeux ;
– gants ;
– chaussure de sécurité ;
– casque s’il y a un risque d’effondrement ou de chute d’objet ;
– protection auditive en fonction du bruit ambiant.
  • Ne pas faire brûler de bois recouvert de peinture de plomb ce qui aurait pour effet de libérer des vapeurs toxiques.
  • Pour nettoyer le chantier, le balayage est à proscrire. Le nettoyage sera réalisé avec un aspirateur doté d’un filtre à haute capacité.
  • Les déchets contenant du plomb sont stockés dans des sacs hermétiques identifiés et évacués vers un centre de traitement spécialisé.
  • Effectuer un contrôle d’empoussièrement avant restitution des locaux.
  • Ne pas manger, boire, fumer pendant les travaux.
  • Nettoyage des ongles et mains avant les repas et les pauses.
  • Prendre une douche en quittant le chantier.
  • Ne pas ramener les vêtements de travail au domicile.
Ces précautions peuvent être retrouvées en détail dans les plaquettes éditées par :
inrs - ed909
Une nouvelle fois, ces précautions issues de la réglementation du travail et de la pratique d’experts visent à protéger les travailleurs. Même si la réglementation française insiste sur les protections collectives, les personnes non-salariés exposées au chantier ne rentrent pas directement dans le champ de responsabilité des chefs d’entreprise. Aussi, que le chantier ait lieu dans un domicile, un lieu de travail ou un bâtiment public, il est important d’être vigilant à ne pas être exposé à ces nuisances par des précautions inadaptées. La seule protection des non-travailleurs résident dans le confinement. Vérifiez donc personnellement qu’il est étanche, c’est votre santé qui est en jeu.
oppbtp - peinture plombSouvenez vous que les confinements à base de films et scotch restent assez précaire. Les produits (que nous avons présentés sur ce blog) de type Zipwall ou ProtectaScreen ne procurent qu’une l’étanchéité très relative qui ne résiste pas durablement notamment en cas de courants d’air (et a fortiori de mise en dépression). Et pour faire des économies, certains ré-utilisent des films polyane …. percés, coupés et donc à la protection purement symbolique.

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Poussière de Charbon : des risques professionnels forts

charbon  - poussièreAffections respiratoires

La plus connue des maladies professionnelles liée à la poussière de charbon est la silicose. Toutefois, l’inhalation des poussières respirables engendrées par la fracturation des blocs de charbon ou de silice minérale est responsable de différentes formes d’atteintes pulmonaires. La silicose est en une, mais aussi la tuberculose ou le cancer du poumon. A un stade avancé, la silicose est très invalidante voire mortelle.
Selon une étude de l’Agence Internationale de l’Energie, la Chine est aujourd’hui le pays le plus concerné. Parmi 6 millions de mineurs environ, il en est dénombré en 2010 600 000 cas d’affections pulmonaires. Fait aggravant, 80% des mineurs sont des travailleurs migrants, donc difficilement identifiables et suivables dans le cadre de programmes médicaux : Cette statistique affichant 10% de mineurs touchés par la silicose est donc certainement très largement sous-évaluée.

Affcharbon - visageections oculaires

Différents pays reconnaissent les affections oculaires résultant de l’exposition à la poussière de charbon comme maladies professionnelles. C’est le cas en France depuis 1995 et concerne les conjonctivites ou blépharoconjonctivites chroniques. Ces affections ne sont toutefois reconnues comme maladies professionnelles que si elles sont consécutives à une activité dans un puits de retour de mine de charbon pendant plus de 2 ans.

Explosions

Un autre risque méconnu lié à la poussière de charbon est l’explosion. Tout le monde connait le fameux coup de grisou résultant de l’explosion de poches de méthane emprisonnée dans la roche. Le coup de poussier moins connu résulte lui de la mise en suspension de poussière qui sous certaines conditions peut devenir fortement inflammables et détonants.

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Orgue mosellan : une restauration poussièreuse

orgue marangeLa commune mosellane de Marange-Zondrange peut être fière, elle possède en son église Saint-Martin un instrument rare : un orgue construit par Joseph Géant en 1867.
La Moselle offre un patrimoine culturel remarquable. L’une de ses particularités réside dans ses églises dotées de véritables sculptures musicales : les orgues. Avec près de six cents orgues répartis sur son territoire, la Moselle est le second des départements français pour l’importance de ce patrimoine unique.
Comme le souligne François Ménissier, un des spécialiste en France « L’orgue de Marange-Zondrange est à notre connaissance l’instrument de Géant le mieux conservé de notre département. C’est un témoin très intéressant de nos Francois-Menissier-Cracines et de notre passé culturel. Peu de villages d’ailleurs ont la chance d’avoir conservé à ce jour un orgue d’une telle importance historique et musicale, digne d’une très grande église. C’est malgré sa ruine l’un des instruments les plus intéressants de toute la Moselle, et qui plus est dans son état d’origine.Il est d’une grande dimension et possèderait après restauration tout ce qu’il faut pour faire un très grand effet. »
Après une première restauration par André Guébel en 1924, l’instrument n’est plus en état de jouer depuis 1965, la remise en état a été engagée en septembre 2011 et confiée à la manufacture Bauer. Les travaux se sont achevés début 2013.
Au passage, le chœur de l’église ainsi que le chemin de Croix ont été également restaurés.
Les travaux ont été co-financés par le conseil général et les dons que de généreux particuliers ont adressés.

Les différents travaux de menuiserie ont engendrés une fine poussière de bois qui s’est insinuée partout. Avant d’enfin pouvoir profiter d’un patrimoine mise en valeur, que de travail pour les paroissiens volontaires et le personnel de l’église pour se débarrasser de cette couche insidieuse qui s’est inscrite dans les carrelages, dans les tissus, sur le mobilier et les ornements.nettoyage-a-l-eglise

On le redit souvent qui plus est, la poussière de bois est des plus dangereuses. Davantage que le plâtre et le béton. Cher lecteur, vous n’avez sûrement pas d’orgue chez vous, mais pensez-y si vous avez tout de même prévu d’engager des travaux de menuiserie : exigez une protection décente de la part des artisans. Si le chantier est localisé, le mieux est une protection étanche sur les portes de circulation.

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Amiante : Règles techniques, Moyens de Protection Collective et Equipements de Protection Individuelle

Les chantiers de retrait d’amiante sont aujourd’hui des plus réglementés quant au niveau d’exposition des travailleurs. La réglementation sera encore durcie au 1er juillet 2015. En effet, la valeur Amiante chantier dangerlimite d’exposition professionnelle (VLEP) descendra à une concentration moyenne en fibres d’amiante, sur huit heures de travail, ne dépassant pas dix fibres par litre. D’ici cette date, la VLEP est fixée à une concentration de cent fibres par litre en moyenne sur huit heures de travail.

Dans le cadre de l’évaluation des risques, l’employeur doit estimer le niveau d’empoussièrement pour les différents processus de travail du chantier sur un classement à 3 niveaux.
Les 3 niveaux d’empoussièrement réglementaires sont :
Niveau 1 : concentration inférieure VLEP (F/L)
Niveau 2 : concentration comprise entre la VLEP et 60 fois la VLEP
Niveau 3 : concentration comprise entre 60 VLEP et 250 la VLEP

Amiante chantierLes obligations de l’employeur sont désormais proportionnées en fonction des mesures d’empoussièrement résultant des processus d’intervention mis en œuvre. Sont alors définis les règles techniques, le choix et les conditions d’utilisation, d’entretien et de vérification des moyens de prévention collectifs (MPC) et des équipements de protection individuelle (EPI) à mettre en œuvre et en particulier les appareils de protection respiratoire (APR) adaptés aux niveaux d’empoussièrement sur les chantiers.

Pendant la phase de préparation de l’opération, l’employeur met en place des Moyens de Protection Collective (MPC) adaptés, les maintient en état et les renouvelle autant que nécessaire pour garantir un niveau d’empoussièrement le plus bas possible et inférieur ou égale à celui indiqué dans le Document Unique (DU).

Les MPC comprennent notamment l’aspiration des poussières à la source d’émisAmiante MPC 8 avril 2013sion, l’abattage des poussières, la sédimentation des fibres en suspension dans l’air, le calfeutrement des zones de travail, le confinement zones pollués associé à une mise en dépression et la création d’un flux d’air balayant la zone, la décontamination des personnes, des outils et matériels et des déchets emballés.

L’Arrêté du 8 avril 2013 définit les règles techniques, mesures de prévention et moyens de protection collective à mettre en œuvre par les entreprises lors d’opérations comportant un risque d’exposition à l’amiante (JO 17 avril 2013).

L’employeur met à disposition, maintient en l’état et renouvelle autant que nécessaire les Equipements de Protection Individuelle (EPI) des salariés, qui se composent :Amiante EPI 7 mars 2013
– de vêtements de protection à usage unique avec capuche de type 5, fermés au cou, aux poignets et aux chevilles,
– de gants étanches aux particules et compatibles avec l’activité exercée,
– de chaussures ou bottes décontaminables ou des surchaussures à usage unique,
– en fonction de l’évaluation des risques, d’un appareil de protection respiratoire.

L’Arrêté du 7 mars 2013 définit les modalités relatives au choix, à l’entretien et à la vérification des équipements de protection individuelle utilisés lors d’opérations comportant un risque d’exposition à l’amiante (JO 14 mars 2013).

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Mais au fait, c’est quoi l’amiante ?

L’amiante (ou asbeste en vieux français, asbestos en anglais) est un matériau d’origine naturelle, il constitue une famille de minéraux fibreux et cristallins très répandue. Faiblement coûteux, il a été très utilisé dans l’industrie et le bâtiment en raison de ses propriétés chimiques, physiques et isolantes (grande résistance à la chaleur et au feu ; matériaux d’isolation, revêtements, joints, tissus, mais aussi produits domestiques, bijoux…).
L’amiante consiste en silicates magnésiens ou calciques ayant des propriétés réfractaires. Il existe plusieurs variétés d’amiante dont les plus utilisées sont : le chrysotile, (amiante blanc), l’amosite (amiante brun), et la crocidolite (amiante bleu).

amiante

Avant son interdiction, l’amiante était extraite en France sur au moins 5 sites industriels principaux. Au niveau mondial, les gisements du Québec sont riches en chrysotile, alors que l’on rencontre principalement de la crocidolite au Brésil. Aujourd’hui, les plus gros producteurs sont, par ordre d’importance, la Russie, le Kazakhstan, la Chine, le Canada et le amiante2Brésil.

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Amiante : le point sur les dispositions légales et obligations

L’amiante fait désormais l’objet d’une législation très stricte pour en contrôler l’usage si ce n’est l’élimination. Cela va souvent jusqu’à une interdiction totale mais ils existent des exceptions réglementées par des textes officiels.
Les textes nationaux, européens et internationaux (pas toujours en accord) mettent dans l’embarras les entreprises souhaitant cerner précisèment de leurs responsabilités en particulier celles les obligeant à prendre des dispositions pour contrôler, puis éliminer l’amiante de leurs locaux.
Une situation complexe est créée par l’existence d’une réglementation française et d’une réglementation européenne. En outre, des textes généraux sur la protection des travailleurs ou sur les produits peuvent coexister avec des textes spécifiques de l’amiante. Le résultat est difficilement accessible pour l’usager, qu’il s’agisse d’un chef d’entreprise qui veut être en règle, d’une personne qui veut connaître la législation des maladies professionnelles liées à l’amiante, ou d’un propriétaire d’immeuble soucieux de satisfaire à ses obligations en matière de reconnaissance de la présence d’amiante.

Que dit la législation :

Depuis le 1er janvier 1997 le décret no 96-1133 du 24 décembre 1996 pose le principe d’une interdiction générale de l’importation, de la fabrication, de la mise sur le marché de toutes variétés de fibres d’amiante incorporées ou non dans des matériaux ou autres produits, néanmoins ces interdictions ne font pas obstacle à l’accomplissement des obligations relatives à l’élimination des déchets.
Un autre arrêté du 17 mars 1998 fixe une liste de catégories d’exceptions à l’interdiction et indique la norme à laquelle doivent répondre les produits textiles à base d’amiante. Il remplace le premier arrêté d’interdiction du 24 décembre 1996.
Pour les entreprises la réglementation fixe les conditions dans lesquelles la protection des travailleurs contre les risques liés à l’inhalation de poussières d’amiante doit être organisée dans l’entreprise (décret n° 96-98 du 7 février 1996 relatif à la protection des travailleurs contre les risques liés à l’inhalation de poussière d’amiante).

Obligations des propriétaires

Décret n°96-97 du 7 février 1996 modifié relatif à la protection de la population contre les risques sanitaires liés à une exposition à l’amiante dans les immeubles bâtis :
Il prévoit un renforcement des mesures de prévention contre l’amiante dans les bâtiments. En effet, depuis plusieurs années, un programme d’actions contre les risques sanitaires liés aux expositions à l’amiante a été mis en œuvre par les pouvoirs publics, en raison du caractère cancérogène de ses fibres. Une campagne de diagnostic et de travaux a déjà été engagée dans les principaux immeubles susceptibles de contenir ce matériau sous forme de calorifugeages, flocages ou faux plafonds. Cette première étape a permis de traiter en priorité les situations d’exposition les plus importantes.

Désamiantage :

Décret n° 96-98 du 7 février 1996.
Décret relatif à la protection des travailleurs contre les risques liés à l’inhalation de poussières d’amiante.

Si vous pensez être concernés par le désamiantage, sachez qu’il existe deux types d’entreprises à votre disposition :
celles chargées de l’évaluation : elles réaliseront un travail d’expertise et de mesure de la qualité de l’air.
celles chargées du désamiantage effectif.
Notez que c’est en raison de procédures particulièrement complexes que les tarifs pratiqués sont très élevés : protection des intervenants, sas de sécurité, ventilation spécifique, contrôle des opérations, évacuation et élimination des déchets …

En cas d’amiante friable (faux plafonds déflocage décalorifugeage, …), l’entreprise intervenant doit posséder la qualification Qualibat 1513.

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Poussière d’amiante : retrait de dalles de faux plafond

Etudions un cas pratique illustrant les risques liés à la poussière d’amiante.

Un électricien enlève une plaque isolante en amiante (60 cm x 60 cm) dans le plafond d’un bureau (ou d’une usine) pour accéder à des câbles dans le faux plafond. L’enlèvement d’une plaque isolante en amiante doit normalement être effectué par un spécialiste mais les petits travaux, notamment le retrait d’une plaque de plafond qui n’est pas endommagée, peuvent être réalisés par des travailleurs non agréés.

 

Mauvais

L’électricien, juché sur des supports inadaptés et non protégés, place un ciseau sur le bord de la plaque pour l’enlever du plafond. Ce faisant, de la poussière et des particules d’amiante sont libérées dans l’air. Il ne porte pas de protection respiratoire et réalise son travail sans précaution particulière.

Bon

L’électricien porte un équipement respiratoire complet et une combinaison avec capuchon. La zone autour des travaux est entourée d’une feuille de polyéthylène calibre 500 et de ruban adhésif. La plaque est retirée avec le plus grand soin. Un EPC efficace doit protéger la pièce en chantier de celles attenantes.

Le problème

L’amiante était souvent utilisée dans les bâtiments jusqu’au milieu des années 1980 pour la protection incendie et l’isolation. Les matériaux amiantés en bon état sont sûrs, à moins que les fibres d’amiante ne soient aéroportées, ce qui arrive lorsque les matériaux sont endommagés. Le travail sur des matériaux endommagés contenant de l’amiante ou près de ceux-ci, ou le fait de respirer des niveaux élevés de fibres d’amiante augmente les risques de maladies liées à l’amiante. L’amiante peut être présente dans: les produits en amiante-ciment les revêtements texturés le carrelage les revêtements pulvérisés sur les plafonds les plaques isolantes en amiante les revêtements calorifuges

La solution

Recherchez la présence de matériaux contenant de l’amiante; planifiez les travaux pour éviter d’y toucher Toute personne travaillant sur de l’amiante doit être correctement formée Tenez compte des autres risques en plus de l’amiante (par ex. le travail en hauteur) et effectuez la tâche en toute sécurité Utilisez un équipement/des méthodes pour vous assurer que l’exposition à l’amiante est aussi limitée que possible Préparez un plan de travail expliquant en quoi consiste la tâche, les procédures et les mesures de contrôle à utiliser Veillez à disposer de l’équipement adéquat; il doit être propre, en parfait état de fonctionnement et il doit protéger de l’amiante Prenez des dispositions pour la mise au rebut sécurisée des déchets d’amiante

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Protection Individuelle : ouate de cellulose

On l’a évoqué dans un post courant janvier (voir ici : une mauvaise expérience), le travail dans des combles peut vite tourner au cauchemar. Lieu par essence qui accumule les poussières de toutes origines, y travailler durablement sans équipement adapté peut vite en révéler les désagréments. Si en plus, vous y manipuler des produits isolants, on peut parler de danger pour la santé, que ce soit par contact ou inhalation.

La photo ci-après peut sembler excessive : combinaison étanche, masque quasi intégral et appareil respiratoire filtrant avec circuit de recyclage. Mais quand on sait qu’il s’agit d’un ouvrier spécialisé projetant de la ouate de cellulose pour assurer l’isolation thermique et acoustique des combles, on comprend mieux ces précautions.

En effet, cet excellent isolant est également retardateur d’incendie et résistant aux rongeurs, champignons et autres insectes xylophages. Mais pendant les manipulations, elle libère des poussières extrêmement irritantes notamment pour les bronches, cause d’inflammations et d’affections respirations si répétées. Pas de psychoses néanmoins, mais pensez tout de même au masque lors de la pose que ce soit en plaque ou a fortiori en projection

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Peinture au plomb : suite (et toujours pas fin…)

Je vous livre ici la traduction (maison…) d’un article publié sur la très sérieuse EPA – Environnement Protection Agency des Etats-Unis concernant les précautions en matière de barrière anti-poussière à prendre concernant la rénovation en général, mais a fortiori en cas de peinture au plomb.

« Des barrières devraient être utilisé pour limiter la diffusion de poussière et d’autres polluants du chantuer vers les autres pièces de la maison. Une barrière simple consiste d’un film polyéthylène de 6/10mm scotché sur les portes et autres ouvertures de la pièce. Du film poly devrait aussi être scotché sur les bouches d’aération ou de chauffage de la pièce pour éviter la diffusion des polluants et la contamination des conduits. Mais ayant obturer les conduits, vous devrez vous assurer d’une ventilation pour la zone. Un ventilateur d’extraction, et une arrivée d’air d’appoint complètera le dispositif. Pour plus d’information, se référer à la section sur le confinement aérien qui permet la création d’une barrière de pression pour éviter la dispersion des polluants [je publierai prochainement cette section].
L’illustration suivante (tirée de « Sécurité Peinture au Plomb : un guide pratique pour la peinture, l’entretien et la rénovation à domicile » édité par le « US Department for House Urban Development ») illustre comment créer une barrière tout en maintenant un accès à la pièce. On notera que pour des travaux avec beaucoup de poussière ou générant des polluants variés tels que des fumées de peinture, vous aurez besoin d’isoler la pièce de façon parfaitement étanche. »

anti dust barrier strategy for a cleanjob

Anti dust barrier strategy for a cleanjob

On rappellera qu’aux Etats-Unis, la peinture au plomb est la première cause d’empoisonnement chez les enfants et que ce sujet a été placé dans les top priorités des organisations gouvernementales de la santé et de l’environnement. Un engagement encore renforcé depuis 2011 et qui donne lieu à de nombreuses publications sur les sites fédéraux dédiés à la prévention. Par exemple :

Au coeur des dispositifs de protection, on retrouve des EPI, équipements de protection individuelle pour les ouvriers (masque, gants…) et des EPC, équipements de protection collective pour les occupants (barrière anti-poussière, obturants, ventilateurs…)

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La paille : un matériau innovant ?

Depuis la validation en janvier 2012 par l’Agence Qualité Construction des règles professionnelles de construction dédiés à la paille, de nombreux projets aussi bien individuels que collectifs ont vu le jour. Auparavant apanage des particuliers à « l’avant-garde écolo », la paille devient un matériau utilisé par les professionnels tels qu’ETI Construction qui y consacre notamment plusieurs articles sur son site (accéder au site ici) .

Le marché est dopé par les commandes publiques. En effet après des tests concluants de résistance au feu, de nombreux projets d’établissement recevant du public (ERP) en paille voient le jour. Est fréquemment évoquée, une école primaire à Issy-les-Moulineaux qui sera livrée en juin 2013. Mais d’autres projets sont en cours d’élaboration.

 

Pourtant, l’idée n’est pas neuve : ceux qui ont des attaches campagnardes savent bien que la paille a été utilisé comme matériau de construction depuis fort longtemps. Que ce soit comme isolant mural, comme dans de nombreux habitats de montagne mais aussi comme solidifiant des matières de remplissage des ossatures.

Ainsi le fameux torchis se comporte comme un béton fibré naturel où la paille renforce considérablement les propriétés mécaniques. Les fermes normandes, champenoises, picardes, berrichonnes et d’ailleurs (pour ne parler que de la France) en témoignent en traversant les années sans (trop de) dégats.

Il est d’ailleurs frappant de constater qu’en ces temps de crise, les principes d’économies qui s’imposaient de fait à nos ancêtres semblent faire redécouvrir ce génie rural méconnu.

 

 

En savoir plus :

  • Site des compaillons, les compagnons de la construction en paille : cliquer ici
  • Site de Robin Gobet, un des pionniers de la construction paille : cliquer ici

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