La lune, un astre poussièreux !


phases-luneNotre belle lune emplit nos nuits d’été. Sa lumière douce et blanche a été associée dans la mythologie à la féminité, la beauté, la douceur. Les poètes y voient un visage dont l’obus-fusée de Georges Mélies visait l’œil lors d’une expédition exploratoire Belle Époque un peu kitsch.
La réalité qu’y découvrirent les astronautes américains après leur « alunissage » est beaucoup moins poétique. En effet, la surface de la Lune est recouverte d’une couche de poussière baptisée régolithe, ou régolite (de rhégos, signifiant couverture et lithos, signifiant roche). Elle résulte des impacts répétés de météorites à la surface de la Lune. C’est d’ailleurs le cas sur les planètes dépourvues d’atmosphère ou de leurs satellites. Des sondes spatiales ayant approchés des astéroïdes ont également détecté la présence de cette poussière régolithique, c’est le cas également sur la planète Mercure.
Sur la Lune, la couche de cette poussière est de plusieurs mètres et atteint parfois 50m.
lune-D2Lors de la mission Apollo, des prélèvements de poussière et de fragments de roche météoritique ont été collectés. A la différence de la poussière terrestre et du fait de l’absence d’atmosphère, le régolithe est fortement chargé par le rayonnement solaire et possède des propriétés magnétiques et électrostatiques. De fait, le régolithe colle énormément aux combinaisons spatiales, et les astronautes des missions Apollo eurent beaucoup du mal à s’en débarrasser. De plus, étant beaucoup plus fin (de l’ordre de 19 microns soit 40% plus fin qu’une cheveu) que du sable terrestre, il peut aussi pénétrer les voies respiratoires et provoquer des allergies.

La présence d’atmosphère empêche la constitution de ces dépôts de régolithe et la Terre en est dénué. En effet, l’atmosphère engendre des sources d’érosion telles que le vent et les précipitations qui détruisent ces poussières microscopiques. D’autant plus que ce dépôt de poussière est extrêmement limité en surface, la plupart des météorites se consumant dans les couches hautes de l’atmosphère avant même d’atteindre la Terre.
Il existe toutefois un régolithe sur Terre. Mais sa composition est fort différente car désignant la couche comprise entre le sol enrichi en matière organique, l’humus et la roche mère socle sous-jacente. Le régolithe terrestre est constitué de formations géologiques de surface telles que des roches non consolidées issus de l’érosion éolienne, hydraulique telles que de dépôts alluviaux.

apollo17-rover-147_22526Dans un article récent paru dans le monde (voir ici « la-poussiere-menace-les-missions-lunaires »), des chercheurs français et britanniques ont montré que, dans certaines zones de la Lune, la poussière soulevée acquiert une force électrostatique qui surpasse celle de la gravité lunaire.
a17-agglutinatsLa poussière régolithique reste alors en suspension loin au-dessus de la surface du sol, et peut former un fin nuage grisâtre de minuscules particules aussi collantes qu’abrasives qui gênent la visibilité, recouvrent les panneaux solaires et s’infiltrent partout dans les mécanismes et équipements. En outre, comme évoqués ci-dessus, ces poussières très riches en fer peuvent être toxiques pour l’être humain si elles parviennent à s’infiltrer dans les scaphandres ou dans un module lunaire et qu’elles y sont inhalées.
Les travaux de recherche sur la surface lunaire reviennent sur le devant de la scène avec l’émergence de programme spatiaux indiens et chinois visant à implanter des stations lunaires.

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