La poussière toxique de la planète Mars


NASA_Mars_RoverMars est revenue sous le feu de l’actualité avec la mission Mars Exploration Rover dont le robot à roulettes (mesurant près de 3m de haut quand même) nous transmet régulièrement des images de la planète rouge. Parmi les expériences et découvertes scientifiques réalisées, une est de nature à calmer les esprits créatifs qui imaginent déjà des bases martiennes. En effet, la poussière de Mars est très vraisemblablement encore plus dangereuse que celle de la Lune. Aucun échantillon n’a pu être rapporté sur Terre mais les expériences conduites sur place montrent que c’est non seulement un puissant oxydant et irritant mécanique mais également un poison chimique.

Mars doit sa couleur rouge au fait que sa surface est constituée en grande partie d’oxyde de fer. Il s’agit essentiellement de maghémite, un minerai ferro-magnétique qui rouille sous l’atmosphère martienne. Différents scientifiques soupçonnent que le sol poussiéreux sur Mars pourrait être un oxydant si puissant qu’il brûlerait n’importe quel composé organique avec lequel il entrerait en contact. Cela inclut les plastiques, le caoutchouc et surtout la peau humaine aussi sérieusement que de la soude.Mars.png

L’autre défi de la poussière martienne provient des violentes tempêtes qui soufflent à la surface de l’astre. Avec des vents jusqu’à 180 km/h à l’équateur, des nuages de poussière rouge abrasive et toxique fouettent les montagnes, balayent les plaines, érodent le substrat martien au point qu’il semble exclu de vouloir conduire une mission d’exploration ; la poussière s’incrustera partout et il sera difficile d’installer un système de filtrage mars dust stormefficace. Certaines tempêtes concernent la planète entière et non une zone localisée comme le témoigne les clichés astraux ci-après. Comme les habitants du désert ou des côtes sablonneuses le savent bien, le sable et la poussière envahissent tout, et c’est un combat quotidien que les astronautes devront mener pour préserver leur santé ainsi que leurs outils de travail.

La NASA étudie actuellement les moyens d’atténuer ces risque. Ce projet vise à étudier les technologies telles que les enduits en couche mince capables de repousser la poussière des outils et des autres surfaces ainsi que des techniques électrostatiques permettant de secouer ou d’enlever d’une autre manière la poussière s’accumulant sur les combinaisons spatiales.

A l’image de nombreuses recherches en matière spatiale, ces technologies peuvent avoir des retombées au quotidien, sur Terre avec des innovations significatives. En effet, en développant des méthodes de prévention ou de nettoyage de la poussière, si cruciales sur la Lune et sur Mars, on pourrait également s’en servir pour protéger les personnes contre les poussières tranchantes ou toxiques présentes sur les lieux de travail. Ces applications concernent par exemple la poussière de bois des scieries, des marbreries, de certaines usines de faïence, des opérations de gravure et naturellement la poussière abrasive de quartz dans les mines.

, ,

  1. Pas encore de commentaire.
(ne sera pas publié)