Poussière de Lune : une priorité pour la NASA


Nous avons évoqué à plusieurs reprises récemment la question de la poussière dans l’Univers:

Ladee_minotaurPour la NASA, ce sujet reste une préoccupation majeur comme en témoigne le lancement le 6 septembre dernier d’un module d’exploration et d’analyse, propulsé par un lanceur Minotaur, énorme missile intercontinental reconverti en taxi pour l’espace. Cette sonde baptisée LADEE pour Lunar Atmosphere and Dust Environment Explorer doit réaliser différentes analyses du sol lunaire mais l’objectif est bel et bien de comprendre davantage les propriétés de sa poussière qu’on retrouve sur différents autres astres de notre systèmes solaire tel que Mercure, de grands astéroïdes ou les lunes d’autres planètes.

Après s’être séparée du dernier étage du propulseur Minotaur V 20 minutes après le décollage, la sonde devrait rejoindre son orbite péri-lunaire dans un mois. La sonde LADEE a la taille d’une petite voiture et pèse 383 kilos dont 135 kg de carburant, elle est doté de trois instruments scientifiques dont deux spectromètres. Elle doit récolter des données détaillées sur la structure et la composition chimique de l’atmosphère lunaire notamment la nature et la densité des grains en suspension, qu’on pense être à l’origine de phénomènes lumineux à la surface lunaire.

LADEE restera d’abord 40 jours très haut au-dessus de la surface lunaire pour effectuer une série de tests. Elle utilisera notamment une nouvelle technologie laser de transmission aussi puissante que celle des réseaux de fibres optiques terrestres. Ensuite elle entamera sa mission d’étude scientifique de l’atmosphère lunaire durant 100 jours.

Cette étude de l’atmosphère lunaire donne lieu à controverse y compris au sein de la NASA où certains pensent que la priorité devrait être l’analyse de la poussière. Toutefois, l’annonce par Pékin d’un programme visant à alunir rend cette étude urgente. En effet, un module se posant en surface pourrait perturber durablement l’équilibre des gaz et des particules. Cet état de fait a pesé pour définir le programme de travail.

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  1. #1 by mijajlovic on 19 janvier 2015 - 18 h 56 min

    bonjour,

    à propos de poussière, avez vous la composition exacte de celle de la Lune et de celle de Mars, ainsi que leur granulométrie , leur densité et leur épaisseur respective

    cdt

    slade

  2. #2 by admin on 20 janvier 2015 - 9 h 33 min

    Composition détaillée ? nous n’avons pas forcèment accès aux données des labos de recherche spécialisé de la NASA (tel le Colorado Center for Lunar Dust and Atmospheric Studies (CCLDAS) basé à Boulder) mais ce qu’on peut en lire témoigne qu’il s’agit de différents types de particules tels des fragments de roches, des fragments de mineraux unitaires et différents types de verres notamment des particules volcaniques agglutinées et débris d’impact de météorites. Cette forme spécifique est causée par l’impact de micro-météorite qui fondent les matériaux frappés lors de l’impact, les vitrifiant en un sorte de verre qui incorpore des traces infimes de fer. Avec le temps, ces « billes » sont malaxés horizontalement et verticalement à la surface par l’impact de nouvelles météroites. Toutefois, la contribution de matériaux exogènes venant des confins de l’univers semble relativement faible et la composition de la poussière reflète essentiellement sa provenance des roches locales.
    On peut noter 2 différences majeurs entre les compositions du sol lunaire et terrestre :
    – d’abord, la lune est très sèche. En conséquence, les minéraux qui enferme de l’eau au sein de leur structure (comme l’argile, le mica, les amphiboles) sont totalement absents sur la lune.
    – la seconde différence réside dans les actions chimiques. Sur le lune, les matériaux subissent un phénomène de réduction, alors que sur Terre, c’est l’oxydation qui domine. Cela provient qu’en l’absence d’atmosphère, l’astre est bombarder en permanence par des atomes d’hydrogène poussés par les vents solaires. Une des conséquences palpables est par exemple que les particules de fer sont largement moins oxydées sur la lune (état 0 à +2) alors que sur Terre, le niveau d’oxydation est à +2/+3.
    Concernant Mars, on essaiera de publier un post sur le sujet quand nous aurons trouver des données.

(ne sera pas publié)