Poussière volcanique : quel danger pour l’aviation ?


Lors de l’éruption du volcan Eyjafjöll en Islande en 2010, la décision des autorités d’annuler purement et simplement les vols dans une grande partie de l’espace aérien européen avaient été plus ou moins bien accueillie. Pourtant, elle se fonde sur une réelle dangerosité des poussières rejetées massivement dans l’atmosphère par le volcan.
volcans islandaisEn effet, cette poussière est majoritairement (58% environ) composée de silice (SiO2) ou quartz, un minéral très dur, capable de rayer une vitre. De taille pouvant atteindre deux milimètres, dotées d’arêtes tranchantes, ces particules s’élèvent très haut dans la troposphère, même jusqu’à la stratosphère, au-delà de 12 km d’altitude. On les trouve donc de façon importante dans les couloirs aériens d’altitude. Or, le radar météorologique d’un avion n’est pas capable de repérer ces dangereuses cendres volcaniques. Sur un avion volant à plus de 900 km/h, ces poussières ont un effet abrasif, comme du sable, ce qui érode le fuselage et les ailes et rend le pare-brise opaque. Elles peuvent également provoquer un arrêt des réacteurs. En effet, lorsque le mélange de cendres, de particules basaltiques et de vapeur d’eau est aspiré par la soufflante du réacteur, il se retrouve dans le compresseur puis dans la chambre de combustion ou il est chauffé à environ 900°C. Il peut se produire un phénomène de fonte des particules suivi d’un refroidissement au contact de la turbine. Sur les ailettes de la turbine, se forme une pâte vitrifiée de quelques millimètres qui bouchent la sortie de l’air. Un système de sécurité, destiné à éviter une trop forte pression dans le compresseur, fait caler le moteur. L’avion n’a alors plus de réacteurs.

Ce cas de figure a été consigné à plusieurs reprises dans les tablettes des experts de l’aviation : en 1982, un Boeing 747 de la British Airways volait au-dessus de l’Indonésie pendant l’éruption du Galungung, à plus de 12 km d’altitude quand il a chuté et n’a pu faire repartir ses réacteurs qu’au bout de 13 minutes, une fois que les palettes ont pu se débarrasser du dépôt vitrifié. En 1989, un autre Boeing 747, de la compagnie KLM, a connu une mésaventure identique à cause d’un nuage craché par le Mont Redoubt en Alaska.

Compte-tenu des vents nord-européens, la dispersion de cendres et de poussières du volcan Eyjafjöll a été vaste et rapide comme en témoigne la carte ci-après.

nuage_Europe_EyjafjollLa suspension des vols a sans aucun doute été une sage décision pour éviter une catastrophe ou du mois, une énorme frayeur.

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