Risques Poussière : l’Aspergillose


L’Aspergillose est une infection respiratoire dûe à la diffusion des spores d’un type de champignons microscopiques, les Aspergillus. Ces champignons sont présent partout : sols, murs, meubles, textiles, mais aussi dans l’eau, sur les végétaux et même les aliments.
Il existe environ 200 espèces d’Aspergillus dont une trentaine sont dangeureuses pour l’homme. En particulier, l’Aspergillus fumigatus et l’Aspergillus Niger qui sont les plus fréquents et représentent à eux deux 90% des cas d’Aspergillose.

Si le champignon est inoffensif pour les personnes en bonne santé, il peut s’avérer mortel pour ceux qui sont fragilisés par une maladie grave. Le problème est donc particulièrement prégnant en milieu hospitalier. C’est un sujet d’autant plus complexe que les spores d’Aspergillus sont particulièrement résistants : ils supportent des variations de température de l’ordre de 70°C ainsi que la sécheresse et l’humidité (ils peuvent même vivre dans l’eau) et peuvent vivre dans l’environnement de plusieurs mois à un an.

En milieu hospitalier, les contaminations aux spores d’Aspergillus peuvent survenir principalement par voie aérienne et attaquer les poumons, les sinus. Mais aussi par voie cutanée (dans les plaies) et digestives (aliments ou eau contaminés) et donner lieu aux formes les plus graves d’aspergillose invasives par contamination du sang ou de différents tissus ou organes.

Les travaux sont à l’origine des deux-tiers des aspergilloses. Ils créent des turbulences qui mettent en suspension la poussière de spore et peuvent créer de véritables nuages (dit aspergillaires) de concentration élevée (jusqu’à 10 000 fois la normale). Fugace et difficile à détecter, ces nuages se désagrègent en déposant des spores partout. En milieu hospitalier, les opération de déposes de faux-plafond, la maintenances des filtres de traitement d’air, les matériaux d’isolation et évidemment les excavations, perçages ou destructions et de construction sont propices à la dispersion des spores d’aspergillus, dangereux pour les patients à risque.

Nous reviendrons bientôt sur les consignes et dispositions devant être prises pour diminuer les risques de contamination.

 

, , , ,

  1. #1 by Véronique T on 28 mai 2013 - 9 h 01 min

    Bonjour, très bon post ici. Je travaille à la Timone à Marseille et 2010,on a eu plusieurs cas d’aspergillose avec 4 décès. C’était effectivement des patients déjà affaiblis mais ce qui est grave avec ce champignon c’est qu’il est très violent quand la maladie est contractée. la mortalité est élevée. A la base, on a eu un problème sur une ventilation et quand l’air trimballe le champignon, c’est dur de s’en débarasser. Je pense qu’en cas de travaux, ça doit être l’horreur et super danger. V.

  2. #2 by PTC on 7 juillet 2014 - 10 h 05 min

    Bonjour à tous,
    Merci de ces informations,
    effectivement, il y a eu des décès imputables à l’aspergillus à LA TIMONE cette année là, et certaines contaminations ont été antérieures.
    La veuve d’une de ces victimes a sollicité réparation mais l’APHM s’est bien gardée de communiquer le dossier relatif aux recherches qu’avait effectué le service de lutte contre les maladies nosocomiales prouvant la contamination.
    Du coup, l’assureur de cette dernière, la SHAM, soutient qu’il n’y a pas de lien de causalité…

    quelqu’un serait il au fait des recherches effectuées à LA TIMONE sur la présence d’Aspergillus et le comportement dans le temps et les effets de ce dernier??

    merci à tous.

(ne sera pas publié)