Sniffer la poussière pour éviter les allergies


En ce qui concerne les allergies, le monde médical semble régulièrement divisé mais il y a un point qui fait consensus:

  • les mécanismes provoquant et entretenant les allergies ne sont pas totalement compris et connus;
  • l’environnement tient une place prépondérante dans la construction de la « carte allergique » surtout au cours des premières années de vie.

Différents laboratoires de par le monde effectuent de nombreuses recherches et l’importance des allergies respiratoires concentre plusieurs travaux. Dans certains cas, les résultats de laboratoire vont à l’encontre des idées préconçues mais ne semble pas si surprenant que ça.

Dans un article de 2006, le docteur Stéphane Guez revient et analyse les résultats de recherche menées sur des souris à l’Université de Californie à San Diego. Le protocole de test a amené des populations de souris a être mise en présence régulière de petites doses de poussière de maison (vaccination intra-nasale quotidienne), tandis qu’une seconde a eu droit à de fortes expositions irrégulières (vaccination hebdomadaire) , le groupe témoin n’étant lui pas mis en contact avec la poussière.

Les résultats démontrent clairement une différence de réaction immunitaire :

  • Le premier groupe (exposition quotidienne faible) développe une tolérance vis-à-vis des allergènes et ne présente dans la durée aucun signe d’allergie.
  • Le second présente des réponses Th2, ou dit autrement présente des crises allergiques, parfois violentes.

Selon le Dr Guez, ce travail réhabilite les approches de désensibilisation associant poussières de maison et acariens, fort décriées dans le cadre d’un courant récent chez les allergologues qui les considéraient pour ringardes.

Sniffer poussiereCe travail démontre que cette poussière, du moins sur le plan fondamental, a bien une influence sur le développement du système immunitaire et selon la nature du contact, chronique ou non, va favoriser une tolérance ou au contraire, faciliter le développement de l’allergie et de l’hyper réactivité bronchique aux pneumallergènes communs de l’environnement.
Comme pour les bactéries dans les fromages (un excès de pasteurisation favorise l’abaissement des défenses immunitaires humaines), une hyper hygiène domestique peut tendre à favoriser un terrain allergique. L’influence de l’environnement peut prendre des aspects surprenants et les polluants banaux ont indubitablement un rôle à jouer dans la construction des défenses immunitaires, rôle qui mérite d’être précisé chez l’homme.

Pour reprendre un adage chinois : tout est dans tout en petite quantité, seul l’excès est dangereux !

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