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Belgique : les chantiers en milieu hospitalier sous surveillance

Nous avons publié (voir ici) il y a quelques mois des photos prises à l’hôpital d’Alençon, Orne durant des travaux importants (rénovation et extension).
Chez nos voisins belges, l’avis CSS 8580 définit très précisément les procédures à mettre en œuvre en milieu hospitalier et cela semble assez éloigné des pratiques constatées en France. Jugez plutôt quant aux spécifications des cloisons de confinement anti-poussière :CSS-belgique

1/ But de la cloison de confinement
Elle a pour but d’isoler le chantier du reste du bâtiment et ainsi éviter la propagation de la
poussière dans les zones jouxtant le chantier. La pose d’une cloison sera décidée en
fonction de la matrice de risques.
2/ Caractéristiques des cloisons

  • La cloison doit être rigide, résistante aux coups, hermétique aux poussières et étanche à l’air.
  • La cloison sera recouverte, coté chantier d’une bâche plastifiée partant du sol et allant jusqu’au plafond. Elle sera fixée au sol, au plafond et sur les côtés. Tous les joints seront colmatés de part et d’autre de la cloison, (joints : entre sol et plaques, plaques et plafond et entre les différentes plaques) de manière à les rendre étanches à la poussière.
  • Si l’étanchéité de la jonction avec le plafond (ou celle du plafond lui-même) ne peut être garantie; le plafond sera doublé par une bâche suivant le même principe que la cloison.
  • Si le faux plafond et/ou le faux plancher doivent être ouverts, il est impératif que la cloison recouvre le tout en ce compris autour des gaines techniques.
  • Les cloisons devront être préparées de préférence en dehors des locaux opérationnels afin d’éviter toute émission de poussières dans ceux-ci.
  • Le montage et le démontage ne peuvent produire que très peu de poussières.
  • Son intégrité physique devra être régulièrement contrôlée durant le chantier (en fonction de l’avancement des travaux).
  • La ou les portes non utilisées pour le chantier seront condamnées durant le chantier et colmatées des deux côtés.
3. Particularité : la cloison avec porte(s) de chantier
  • Comme pour le point précédent, la cloison devra être contrôlée avant le démarrage du chantier par l’EOHH.
  • Son intégrité physique devra être régulièrement contrôlée (en fonction de la nature du chantier, de la production de poussières, de l’avancement des travaux, etc.) car des trous peuvent apparaître suite à des coups et elle perd, de ce fait, son étanchéité. Tout orifice sera adéquatement colmaté.
  • La porte donnant accès au chantier doit impérativement être fermée au moyen d’un ferme-porte durant la réalisation des travaux,afin d’éviter toute dispersion de poussière.
  • Un tapis sera posé devant la porte côté extérieur du chantier pour éviter la dispersion de poussière par les pieds. Ce tapis doit être nettoyé au minimum une fois par jour et systématiquement en cas de saturation.
  • La porte doit être ouverte le moins souvent possible car il existe un risque non négligeable de dispersion des poussières entre autres par les chaussures, l’air, etc.
4/ Remarques complémentaires concernant le confinement de chantier
Le degré de confinement de chantier tiendra compte de la matrice de risques. Selon le cas, il sera nécessaire de créer un sas étanche à la poussière à l’entrée du chantier. Divers autres éléments devront être pris en considération :
  • maintenir fermées les fenêtres des locaux limitrophes y compris aux niveaux inférieur et supérieur ;
  • arrêter la ventilation des locaux de chantier pour éviter l’encrassement des conduits et des filtres. Dans les cas extrêmes le chantier pourra être mis en dépression et le placement de filtres HEPA (High Efficiency Particulate Air) sera envisagé dans les zones à haut risque.

CSS-belgique-2.jpgNous avons évoqué sur ce blog différents produits se présentant comme des solutions de confinement anti-poussière. A la lecture de cet avis, ils nous semblent fort éloignés des exigences appliquées par la ministère de la santé belge. Il est d’ailleurs surprenant qu’aucune norme ou mesures ne soient appliquées en ce domaine.

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Aspergillose : 4 morts à la Timone en 2010

Suite à notre post récent « Risques Poussière : l’Aspergillose » , nous avons eu un commentaire évoquant un cas dramatique de contamination à l’aspergillus à l’hopital de la Timone à Marseille.

Le problème est survenu fin 2009 peu après l’ouverture d’un nouveau pavillon dédié à la réanimation. Suite à un problème de ventilation des zones d’accueil et de soins, Dumez, l’entreprise en charge du chantier a entrepris de modifier le système de répartition et de brassage de l’air. Mais courant février 2010, les premiers cas d’aspergilloses apparaissent. En tout, huit se déclarent, dans la période allant jusqu’à l’été 2010. Et sur ces 8 cas, 4 conduiront au décès des patients touchés, tous déjà immunodéficients.

L’aspergillus présente dans les conduits d’air semble être la cause des ces décès. Et à la Timone, se n’est pas une première, car déjà en 2002, 2 cas dont un mortel s’étaient déjà déclarés.

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Risques Poussière : l’Aspergillose

L’Aspergillose est une infection respiratoire dûe à la diffusion des spores d’un type de champignons microscopiques, les Aspergillus. Ces champignons sont présent partout : sols, murs, meubles, textiles, mais aussi dans l’eau, sur les végétaux et même les aliments.
Il existe environ 200 espèces d’Aspergillus dont une trentaine sont dangeureuses pour l’homme. En particulier, l’Aspergillus fumigatus et l’Aspergillus Niger qui sont les plus fréquents et représentent à eux deux 90% des cas d’Aspergillose.

Si le champignon est inoffensif pour les personnes en bonne santé, il peut s’avérer mortel pour ceux qui sont fragilisés par une maladie grave. Le problème est donc particulièrement prégnant en milieu hospitalier. C’est un sujet d’autant plus complexe que les spores d’Aspergillus sont particulièrement résistants : ils supportent des variations de température de l’ordre de 70°C ainsi que la sécheresse et l’humidité (ils peuvent même vivre dans l’eau) et peuvent vivre dans l’environnement de plusieurs mois à un an.

En milieu hospitalier, les contaminations aux spores d’Aspergillus peuvent survenir principalement par voie aérienne et attaquer les poumons, les sinus. Mais aussi par voie cutanée (dans les plaies) et digestives (aliments ou eau contaminés) et donner lieu aux formes les plus graves d’aspergillose invasives par contamination du sang ou de différents tissus ou organes.

Les travaux sont à l’origine des deux-tiers des aspergilloses. Ils créent des turbulences qui mettent en suspension la poussière de spore et peuvent créer de véritables nuages (dit aspergillaires) de concentration élevée (jusqu’à 10 000 fois la normale). Fugace et difficile à détecter, ces nuages se désagrègent en déposant des spores partout. En milieu hospitalier, les opération de déposes de faux-plafond, la maintenances des filtres de traitement d’air, les matériaux d’isolation et évidemment les excavations, perçages ou destructions et de construction sont propices à la dispersion des spores d’aspergillus, dangereux pour les patients à risque.

Nous reviendrons bientôt sur les consignes et dispositions devant être prises pour diminuer les risques de contamination.

 

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Protection poussière : les hôpitaux à la pointe ?

Si il est un lieu où la sécurité et  la protection des personnes prennent encore plus de sens, c’est bien à l’hôpital. Enfin… « devrait prendre ». Car si des précautions extrêmes sont prises pour éviter les contaminations diverses et autres maladies nosocomiales), il est manifeste que des efforts sont encore à faire en terme de protection lors des travaux de rénovation.

C’est le cas par exemple à Alençon en ce moment où l’hôpital intercommunal est partiellement en travaux. Mais quelle surprise en découvrant que les protections collectives pour empêcher la diffusion des poussières relèvent essentiellement des moyens de fortune. Ces photos prises hier en témoignent :

Inutile de dire que l’alèse roulée au pied de la porte ne protège rien. Les scotchs utilisés sur d’autres portes ne protègent pas davantage et ne donnent pas non plus une très bonne image quant au sérieux de l’entreprise en charge des travaux ni de l’administration hospitalière.
Et in fine, les couloirs et salles du coté « sain » du chantier ne sont pas du tout à l’abri des salissures. Pas plus que les malades.

Nous avons déjà évoqué des produits tels que  Zipwall et ProtectaScreen sur ce blog mais force est de constater que leur approche (délimitation de zone, hauts et bas de films polyane non maintenus) semble assez peu adaptée à fournir une réel protection au niveau de ces portes d’hôpital.

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